POTOSI

C'est donc par une route fantastique (empruntée par Butch Cassidy et le Kid) que la ville la plus haute du monde est atteinte: Potosi, 4100m.

C'est une ville pleine de charme avec ses 30 églises et ses balcons en bois d'origine coloniale. Un peu décalée en comparaison des autres cités boliviennes. Sous le régime espagnol, au 17ème siècle, Potosi était une des plus grandes et riches villes du monde, grâce à ses mines d'argent.

Les mines de la honte: des millions d'esclaves étaient envoyés dans cet enfer, dopés à la coca et à l'alcool à 96 degrés. Plus de 8 millions y seraient morts!! Plus que pendant la seconde guerre mondiale! L'argent y était extrêmement pur. La légende dit qu'on aurait pu construire un pont d'argent entre la Bolivie et l'Espagne. A ce propos, pour ceux qui se rendent à Potosi, ne manquez pas la visite de la casa de la moneda. Très intéressant. A l'époque, les pièces de monnaie espagnole étaient frappées ici. Aujourd'hui, ironie du sort, les billets boliviens (bolivianos) sont imprimés en Espagne...

Aujourd'hui, le cours de l'argent ayant sombré, la mine ne rapporte plus grand chose. Elle est gérée par des coopératives privées. Les conditions de travail restent cepandant épouvantables. La température à l'intérieur peut atteindre 45 degrés tandis qu'il fait toujours froid à l'extérieur, les plus hautes entrées étant à 4600m d'altitude. La poussière et les odeurs (d'urine) sont ignobles. Il n'est pas rare de voir des mineurs de moins de 16 ans. L'espérance de vie y est de 10-15 ans, la plupart mourant de silicose due à la poussière de minerai. Le travail se fait presque exclusivement à la main: barres à mines et dynamite, cette dernière est en vente libre à Potosi! Extraction de minerai au marteau, les wagonnets de presque 3 tonnes sont poussés à la main. Le Cerro Rico (montagne riche) est truffé d'entrées, personne ne sait combien de kilomètres ont été creusés depuis maintenant 500 ans.

Des lamas sont régulièrement sacrifiés en honneur de la montagne afin qu'elle protège les hommes et rapporte beaucoup d'argent de bonne qualité. Les mineurs font également des offrandes de coca et de cigarettes à un diable appelé "Tio" (et non "Dio" parce que le "d" n'existe pas en Qechua) sensé les protéger. Après une visite des mines (assez choquante mais recommandée), plus personne n'a le droit de se plaindre!

Près de la moitié de l'argent dans le monde proviendrait de cette mine...

Sur la route de Potosi
Les Boliviens au travail.
Le Cerro Rico ou Cerro Potosi: Les mines.
Dynamite en vente libre.
La coca.
Alcool à 96 degrés!
Le minerai est partout.
Wagonnet poussé à la main.
Le démon protecteur.
Barres à mines...
Marteaux...
Pelles.
 

Mai 2005